Le marché immobilier américain, un point faible que l’économie masque
Une économie qui affiche un revenu médian historiquement haut, un emploi dynamique et un S&P 500 en records peut très bien cacher un secteur à l’arrêt

En bref
- Le revenu médian, l’emploi et la Bourse sont au plus haut, mais le logement américain accumule les signaux négatifs, selon Journal du Net.
- Beaucoup de propriétaires restent sur des prêts à taux bas et ne vendent pas, ce qui maintient les prix.
- Les promoteurs sont au plus bas de confiance depuis quatorze ans et les mises en chantier reculent.
- La stagnation est présentée comme un handicap pour les républicains avant les élections de mi-mandat.
Une économie qui affiche un revenu médian historiquement haut, un emploi dynamique et un S&P 500 en records peut très bien cacher un secteur à l’arrêt : celui du logement. C’est la thèse que développe Journal du Net, pour qui cette faiblesse alimente l’inflation et pèse sur le budget des ménages américains, pendant que l’attention se fixe sur la bulle de l’IA.
Des indicateurs qui disent la même chose
Le contraste avec la croissance, supérieure à celle de la plupart des pays occidentaux, est net. Côté logement, les signaux se cumulent, comme le montrent les chiffres relevés par le journal.
Les mises en chantier ont par ailleurs chuté de 9 % en septembre, au-delà des craintes. Le journal en conclut que l’offre va se raréfier et que la hausse des prix va se renforcer. Beaucoup d’experts anticipent une morosité qui se prolonge en 2027.
Pourquoi l’argent coûte plus cher et pourquoi personne ne vend
Le renchérissement des prêts découle d’une hausse générale du coût de l’argent, que l’article rattache à trois causes : l’inflation née du conflit iranien, qui a poussé la Fed à relever son taux directeur ; la dégradation des finances publiques, qui tire les taux obligataires vers le haut ; et les investissements records des géants de la tech dans l’IA.

Les prix, eux, n’ont pas reculé pour compenser. Les propriétaires qui voudraient normalement changer de logement, par exemple pour s’agrandir ou se rapprocher de leur travail, préfèrent rester en place : un nouveau crédit ferait grimper fortement leur taux.
Les constructeurs perdent confiance
Du côté de l’offre neuve, le tableau n’est guère plus clair :
- la confiance des promoteurs est au plus bas depuis quatorze ans, minée par le carburant, l’inflation persistante et la stagnation du marché ;
- selon une enquête publiée en septembre par John Burns Research & Consulting, deux tiers d’entre eux ont signalé des perturbations de main-d’œuvre, contre 13 % un an plus tôt ;
- le journal estime que la politique migratoire de Donald Trump n’a rien arrangé, nombre de promoteurs employant une main-d’œuvre immigrée, en partie sans papiers.
Faute de hausse de l’offre, souligne l’article, les prix ne baissent pas.
Un enjeu pour les élections de mi-mandat
Pour Journal du Net, la stagnation du logement est un boulet pour les républicains, au même titre que les prix de l’alimentation et du carburant. Devenir propriétaire reste une composante du rêve américain et un thermomètre de la santé économique aux yeux du public. Le sujet est sensible pour Donald Trump, qui avait gagné en 2024 en grande partie en se posant comme plus compétent que Kamala Harris sur l’économie, et qui est lui-même magnat de l’immobilier.
L’histoire récente montre le poids de ce thème : certains experts attribuent en partie la défaite de Kamala Harris à la hausse des prix sous Joe Biden, qui aurait éloigné du parti démocrate une partie des ménages modestes et des classes moyennes. Le journal juge que les mi-mandat pourraient se jouer sur ces prix, une hypothèse et non un fait établi.
Photo : SLEEP SLEEP / Pexels



