Demande d’achat en recul de 22 % alors que l’offre progresse sur Bien’ici

Pour un acheteur, la période offre plus de choix et davantage de marge de négociation ; pour un vendeur, elle impose un prix de départ réaliste.

Pauline Roussel Par Pauline Roussel
Maison individuelle à étage au coin d’une rue pavillonnaire avec un panneau sur la pelouse.
Photo d’illustration. Maison individuelle située dans un quartier pavillonnaire avec un panneau immobilier sur la pelouse.

En bref

  • Demande d’achat en recul de 22 % sur un an, offre en hausse de 4 %, selon l’Observatoire Bien’ici du troisième trimestre 2026.
  • Les annonces restent visibles 82 jours en moyenne, contre 59 jours en Île-de-France et 111 jours en Corse.
  • Prix au mètre carré en hausse de 1 % seulement, avec des écarts entre appartements et maisons.
  • Dans le neuf et la location, l’offre augmente aussi pendant que la demande baisse.

Pour un acheteur, la période offre plus de choix et davantage de marge de négociation ; pour un vendeur, elle impose un prix de départ réaliste. Selon l’Observatoire immobilier Bien’ici relayé par le Journal de l’Agence, la demande des acquéreurs recule de 22 % au troisième trimestre 2026, alors que l’offre progresse de 4 %. L’étude, publiée en octobre 2026, repose sur plus d’un million d’annonces diffusées sur le portail.

− 22 %demande d’achat, sur un an
− 25 %tension immobilière nationale, sur un an
82 joursdurée moyenne de diffusion d’une annonce

La tension, rapport entre demande et offre, s’affaiblit de 25 % sur un an au niveau national. Le rebond estival habituel a bien eu lieu, mais il est moins marqué qu’en 2025. David Benbassat, président de Bien’ici, parle d’un « véritable tournant : alors que l’offre augmente légèrement, la demande fléchit ». Les annonces restent en ligne 82 jours en moyenne, soit un jour de plus qu’au troisième trimestre 2025 et sept jours de plus qu’entre le printemps et l’été 2026.

Des délais de diffusion très inégaux selon les régions

La moyenne nationale masque des écarts nets. L’Île-de-France fait figure d’exception : les annonces y sont diffusées moins longtemps qu’il y a un an, alors que la durée s’allonge presque partout ailleurs.

Région Durée moyenne de diffusion Évolution
Île-de-France 59 jours 8 jours de moins sur un an
Provence-Alpes-Côte d’Azur 80 jours 4 jours de plus sur un an
Bourgogne-Franche-Comté 95 jours
Centre-Val de Loire 97 jours
Corse 111 jours

Des prix presque stables, mais pas partout

Le prix au mètre carré gagne 1 % en moyenne sur un an. Derrière ce chiffre, les trajectoires divergent selon le type de bien et le territoire.

Segment Prix moyen affiché Évolution sur un an
Appartements, France 4 771 €/m² + 0,7 %
Maisons, France 2 761 €/m² − 1 %
Appartements, Paris 11 434 €/m² + 0,5 %
Appartements, Île-de-France hors Paris 5 268 €/m² + 2 %

Hors Île-de-France, les appartements reculent de 1,2 % dans les zones urbaines et gagnent 0,8 % dans les zones périurbaines. Bien’ici avance que cela pourrait traduire un éloignement de la demande vers la proche périphérie, où les prix sont plus abordables ; il s’agit d’une hypothèse de l’observatoire, non d’un constat établi.

Neuf et location suivent la même pente

Dans le neuf, l’offre de programmes progresse de 6 % sur un an, la demande chute de 21 % et le prix moyen affiché au mètre carré baisse de 6 % par rapport au troisième trimestre 2025. Bien’ici estime que les premiers effets du dispositif de relance Jeanbrun restent faibles, en deçà des objectifs annoncés par le Gouvernement.

En location, le volume d’annonces augmente de 2 % et les contacts reculent de 23 %, pour le deuxième trimestre consécutif de ce type. L’offre nationale demeure néanmoins deux fois moins importante qu’au début de la décennie. Les loyers moyens progressent de 1 %, tirés par une part plus forte de meublés, dont les loyers dépassent ceux des locations vides. Bien’ici explique la baisse de la demande notamment par un décalage entre les biens disponibles et ceux recherchés, en typologie comme en prix.

Les passoires thermiques, 9 % des ventes

Les logements classés F ou G représentent 9 % des annonces de vente, une part qui continue de reculer. Leur poids varie selon la taille du bien :

  • 11 % des maisons et des studios ;
  • 8 % des deux-pièces ;
  • 5 % des trois-pièces ;
  • 3 % des quatre-pièces.

Géographiquement, plus de 12 % du stock est énergivore dans le quart nord-est et en Île-de-France, contre une proportion bien plus faible dans le sud.

Pour la fin d’année, Régis Sébille, responsable des analyses Bien’ici, relève : « Nous entamons le dernier trimestre de l’année sans réelle dynamique sur un marché immobilier , qui peine à trouver un équilibre entre l’offre et la demande ». Selon l’observatoire, les budgets restent contraints par le coût du crédit et les dépenses du quotidien, alors que les attentes sur le confort thermique, les espaces et la localisation demeurent fortes.

Illustration générée par IA